Je croyais avoir trouvé deux bonnes idées de poisson d’avril pour cette année. Malheureusement, j’ai lancé mon hameçon en vain : les poissons ont été pris auparavant dans les filets du réel. Dépitée, je me contente donc de citer ici les deux idées qui m’avaient paru d’une vraisemblance comique propre à plaisanterie – c’était sans compter avec l’ingéniosité et le sens de l’à-propos de certains responsables politiques.
– Proposer aux États-Unis d’Amérique de « rendre la statue de la liberté » (œuvre du sculpteur français Auguste Bartholdi et réalisée dans sa version monumentale avec la collaboration de Gustave Eiffel), offerte par le peuple français au peuple américain en 1886. Raphaël Glucksmann l’a fait ! https://www.lefigaro.fr/international/rendez-nous-la-statue-de-la-liberte-la-demande-de-glucksmann-aux-americains-20250316
– Nommer Dominique Voynet, ancienne ministre de l’Environnement (1997-2001) très hostile au nucléaire, dans une instance chargée de politique nucléaire. C’est fait ! https://lcp.fr/actualites/haut-comite-sur-la-securite-nucleaire-la-nomination-de-dominique-voynet-critiquee-yael !
Il s’agit du « Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire ».
Quand on se rappelle la satisfaction amusée avec laquelle que l’intéressée avoua le mensonge1 grâce auquel elle avait, avec la complicité de son homologue britannique, voté au nom de la France (qu’elle représentait lors d’une réunion à Bruxelles en 2000, avec une consigne pourtant contraire) pour l’exclusion de l’énergie nucléaire de la liste des technologies « propres », on prend la mesure des termes « transparence » et « information ».
Décidément, la réalité offre de plus en plus de désolants « poissons d’avril de deuxième degré » (informations vraies mais dont on peut croire qu’elles sont fausses) comme celui que j’avais mis en ligne il y a un an….
1 – Voir l’extrait vidéo sur Youtube https://www.youtube.com/watch?v=W3HXw5Kpd2Y et la chronique d’Emmanuelle Ducros sur Europe1, 8 décembre 2022 https://www.youtube.com/watch?v=Vd6dXI36UkE .
Voudriez-vous dire que l’actualité est passée en mode accélération tragique des bouffons et de leurs bouffonneries, ne laissant plus aucune place à la farce et à la gaudriole imaginaire ?
Mme Voynet n’en est pas à un poisson d’avril près qui malheureusement n’en était pas. Je pourrais concrètement en témoigner, elle a été la Maire de ma ville pendant 6 ans.
Il y aurait pu avoir aussi ce poisson d’avril là : https://theconversation.com/trump-2-0-interdire-de-dire-pour-mieux-empecher-de-penser-252129 ; mais non, même pas…
Quand les idéologies deviennent des réalités, quand les délires s’incarnent dans le réel, c’est clair qu’il n’y a plus aucune raison de rigoler du « surréalisme » des personnages.
Oui, le Gorafi est bien en peine en ce moment de trouver des sujets de plaisanterie.
Quant à ce que relate l’article que vous citez, on peut dire que Trump et sa « gouvernance » appliquent le principe de la cancel culture à leur tour. Ces procédés sont très anciens, à l’oeuvre dans l’investigation inquisitoriale, le stalinisme, le maccarthysme, le wokisme. Ils sont très voyants s’agissant de Trump.
Je me permets de signaler les nombreux articles sur la question en ligne sur Mezetulle, récapitulés sous l’étiquette « cancel culture« .
La même recherche (étiquette « cancel culture ») sur le site The Conversation donne des résultats qui ne vont pas tout à fait dans le même sens…